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Français, d’accord. Mais de quelle ferme ?

Sur l’étiquette de votre whisky français, une information manque presque toujours : le champ d’où vient l’orge.

Prenez une bouteille de « whisky français » : l’étiquette ne dit pas davantage qui l’a distillée. Au mieux, la mention garantit un pays ; jamais une ferme, ni un producteur. L’orge, la distillation, l’élevage peuvent tous être confiés à quelqu’un d’autre, sans que vous le sachiez jamais.

Pourquoi ce passage

Je ne dis pas au lecteur qu’il s’est fait avoir : l’inconfort vient de l’opacité du marché, pas de sa naïveté. La honte fait fermer la page, la situation donne envie de vérifier.

Onze Cents inverse la règle : tout, du grain à la bouteille, se raconte. À 1 100 mètres d’altitude, Camille, ancienne sommelière à l’étranger, et Théo, longtemps dans le vin à l’export, cultivent eux-mêmes deux variétés d’orge, la Lauréate et la Faro. Chaque sac de malt porte le nom de la ferme qui l’a produit. Cinq hectares ne produisent qu’une récolte par an, et celle-ci tient tout entière dans 5 000 bouteilles ; c’est ce qui la rend unique.

Au début, en 2021, ils n’avaient pas encore leur propre alambic : les premiers lots ont été distillés chez un confrère. Depuis 2024, tout se joue chez eux, dans une cuve chauffée directement à la flamme plutôt qu’à la vapeur, une méthode plus rare et plus exigeante à conduire.

Pourquoi ce passage

Cette phrase, c’est moi qui la place, avant qu’un forum ne la trouve. Une page dont l’argument est la transparence ne peut pas taire sa propre histoire.

Le résultat se juge dans le verre.

Une robe or pâle, tirée du chêne.

Au nez, dès l’ouverture, la céréale s’impose, orge chaude et pain qui sort du four, avant que la réglisse ne s’y glisse, portée par des fruits blancs francs : poire, pomme à couteau. Dix minutes plus tard, le fruit recule et le bois prend le relais, vanille et une pointe de cire.

Pourquoi ce passage

La dégustation suit l’ordre où elle se vit et s’en tient à des faits, ceux que l’article L3323-4 du Code de la santé publique autorise pour une boisson alcoolique. L’envie vient de la précision, pas des adjectifs.

En bouche, l’attaque est ample et ronde, et les 46 % ne brûlent pas. La céréale tient le centre ; les épices, poivre blanc et gingembre sec, referment la marche sur une finale longue et sèche. Une goutte d’eau suffit à rouvrir la céréale et la réglisse ; au-delà, le nez s’efface.

Servez à température de la pièce, dans un verre resserré vers le haut. Il est embouteillé sans filtration à froid ni colorant, et n’est pas tourbé.